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Accueil du site > Actualités > Politique > République En Marche, la victoire censitaire ?

République En Marche, la victoire censitaire ?

C’est une question que pose Jean-Pierre Robin dans le FigaroVox. Il faut reconnaître que ses propositions profondément oligarchiques (suppression de l’ISF sur les valeurs mobilières, baisse de l’impôt sur les sociétés ou nouvelle déconstruction des droits du travail), en font le chouchou des classes supérieures, alors même que les classes populaires sont les premières à s’abstenir

 

Vote social et véritable fracture démocratique
 
La présidentielle nous en avait déjà donné un bon aperçu. Au second tour, Macron a rassemblé pas moins de 90% des voix des Parisiens, et 78% des voix des Franciliens, démontrant déjà clairement la préférence de la France d’en haut. Le choix entre Macron et Le Pen était extrêmement lié au niveau d’études et de revenus, 82% des cadres votant Macron, mais seulement 44% des ouvriers, qui ont donc voté en nette majorité pour Marine Le Pen. Dans la même veine, les Français de l’étranger ont également donné une très forte majorité à la majorité présidentielle, même s’ils ont peu voté. Mais il s’agit d’une exception qui confirme la règle du lien entre statut social et participation aux élections.
 
En effet, ce qui est frappant dans les résultats du premier tour des législatives, c’est la corrélation parfaite entre niveau de richesse et vote Macron, l’ouest Parisien basculant même vers la majorité présidentielle. Mais il y a une autre corrélation plus gênante, c’est le lien entre la niveau de richesse et le niveau de participation, les catégories populaires ayant beaucoup plus cédé à l’abstention, avec des pointes à plus de 67% dans la 8ème circonscription du Val d’Oise (Garges-lès-Gonesse, Sarcelles, et Villiers-le-Bel) la 7ème du Bouches-du-Rhône (les quartiers Nord de Marseille) et Saint Denis. En revanche, il n’y a pas moins de 5 circonscriptions parisiennes dans le top 10 de la participation.
 
Autant la corrélation entre classe sociale et vote pour un parti ou un candidat n’est pas nouvelle, et qui peut se comprendre, même si ici, l’alignement des intérêts et des votes est particulièrement spectaculaire, en revanche, une corrélation aussi forte entre classes sociales et participation pose problème. Cela montre une profonde fracture démocratique dans le pays, avec des classes populaires qui finissent par perdre l’intérêt de voter, tant les alternances n’ont aucun impact sur leur sort et les alternatives aujourd’hui offertes ont des limites. Et avec le phénomène de défiscalisation, on arrive à une forme, de « réinvention du suffrage censitaire  », comme le soutient Jean-Pierre Robin au FigaroVox.
 

 

Le nombre de députés ne doit pas cacher le très relatif succès électoral de La République En Marche, et plus encore le fait que l’élection de Macron marque une accélération spectaculaire de la fracture sociale que dénonçait Chirac il y a 22 ans, une fracture qui devient aussi de plus en plus démocratique. Probablement une recette pour de nouveaux soubresauts politiques dans les prochaines années…
 

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14 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 14 juin 11:15

    La victoire c’est celle de l’abstention du vote blanc et du vote nul .... 




    • eric 14 juin 11:17

      Il y aurait beaucoup de choses à dire.

      Par exemple que la non participation a toujours été la règle dans les premiers déciles de revenus ; Le vote ouvrier, en gros, n’a commencé à exister qu’avec la montée du niveau général scolaire et l’arrivée du FN sur le marché. Avant, votaient principalement les fonctionnaires, agents publics et ouvriers des grandes nationalisées, répertoriés comme « ouvriers » dans les nomenclature statistiques publiques. C’est ainsi que les partis de gauche, parvenaient à faire croire, et parfois croyaient eux même qu’il avaient un électorat populaire...

      Mais il n’y a pas 50% d’ouvriers en France.

      Il n’y a pas non plus autant de « cadres » qu’on le prétend et cette catégorie est au moins aussi hétérogène que la catégorie ouvriers. Songez que depuis 30 ans, c’est dans la fonction publique que ce sont créés la majorité de postes de cadres. A la RATP, les bus parisiens, on a crée plein de postes de « cadre » peu de chauffeurs et d’ouvriers. Être responsable de « com du vivre ensemble » à la régie, ce n’est pas être patron du cac 40 ou dirigeant de très petite entreprise.

      En matière d’impôts sur le revenu, il est vrai que la moitié des français ne payent pas. Chaque fois que la gauche est au pouvoir, elle exonère « ses pauvres » , les moins riches des 50% les plus riches. Bref, la classe moyenne supérieure. Son électorat. On l’a vu avec la cagnotte Jospin-Fabius, puis avec le « coup de pouce au pouvoir d’achat des pauvres » de Hollande.

      Il est encore plus vrai que les plus riches payent presque tout en IR mais que les autres impôts tombent sur tous. Je n’ai plus les chiffres en tête mais c’est du genre 10% payent 60 ou 70%

      Ensuite, avec vos chiffres, on a la répartition des votes au sein des suffrages exprimés et sans tenir compte du nombre total de la catégorie.

      Ainsi, il y a 16% de cadres en France, 4,5 millions, mais quoi 6 millions d’ouvriers ? Beaucoup dépend donc des taux d’abstention.

      D’après l’INSEE, la catégorie ouvriers ne serait pas la plus fragilisée
      Part des actifs occupés en sous-emploi (en %)


      6,1 6,5 6,4  Part des employés en sous-emploi (en %) 11,8 11,8 11,5  Part des ouvriers en sous-emploi (en %) 5,4 5,9 5,5  Part des femmes en sous-emploi (en %) 9,3 9,8 9,5https://www.insee.fr/fr/statistiques/1906671?sommaire=1906743

      Les ouvriers seraient moins en sous emploi que la moyenne, moins que les femmes, et moins que les employés.

      Je pense que la bonne distinction n’est peut être pas cadre ou ouvriers mais bénéficiaires net de la dépense publique ou payeur net.

      Tu es un petit patron en province, tu paye un max partout et les services publics dont tu bénéficie, c’est « rural ». Tu est un migrant récemment devenu français en seine Saint Denis, tu est arrosé de fond public sans arrêt et si tu es dans les emplois les plus modeste, ton revenu est doublé par les transferts sociaux. Tu es un cadre sup du quartier latin et pour une taxe d’habitation très modeste, tu as ton bus payé par le contribuable, ton médecin de quartier, c’est la salpêtrière, ton lycée carte scolaire gratuit, c’est Henri 4 ou Louis Le Grand, et la vie culturelle payé par le contribuable, c’est le gaie Paris.

      Les provinciaux ne se rendent pas compte ! Quand tu est parisien et que ton gosse, grâce au lycée qui vont bien, intègre une « petite école de province » ce que cela te coûte pour lui louer un studio. Si comme il y a vocation il avait intégré une parisienne ... !

      D’une certaine manière, on pourrait dire que ceux qui palpent assez de l4état votent désormais macron quel que soit leur statut, Ceux qui trouvent qu’ils pourraient plus, fonctionnaire ou employés précarisé des bureaucratie privées ou para publics se mobilisent derrière les FI, tout comme les migrants, au plus bas de l’échelle, donc les plus arrosés d’argent public.

      Les payeurs modeste et peut bénéficiaires de quoi que ce soit votent le Pen.

      Les privilégiés votent pour que l’état continue à payer à leur place pour leurs santé, leur culture leurs enfants, mais pour qu’il n’aient pas à en payer le vrai prix, tout en bénéficiant d’exonération au maximum.

      Tenez, les déductions d’impôt pour service à la personne, pour isoler sa maison ou acheter une voiture électrique, et le parking gratuit qui va avec, à votre avis cela profite à qui ?

      Enfin, les très riches continuent à se barrer. Il n’est pas sur que l’exonération d’ISF sur les actions suffira.

      Alors oui, il y a des fractures, mais je pense qu’elle tournent autour de l’argent public et de l’État plus qu’autour des revenu bruts avant impôts taxes et transferts.

      Du reste, il y a eu dit on une réforme du droit du travail tous les trois mois depuis 30 ans, mais 5 concernant la fonction publique ( entre un quart et un tiers de l’emploi).

      LE fonctionnaire banquier a peine arrivé, se précipite pour réformer....le droit du travail privé des employés les plus modestes..


      • anaphore anaphore 14 juin 12:15

        Oui le cens j’y pensais....

        Le système électoral n’intéressant plus que les rentiers et les retraités ....


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 14 juin 12:50

          @anaphore

          La notion de suffrage censitaire a une signification bien définie. Parler de victoire censitaire ou de réinvention du suffrage censitaire, c’est détruire le sens du langage comme l’ont fait les nazis avec des intentions bien différentes. Monsieur Herblay devrait réfléchir à ce qu’il découle de cette destruction du langage opérée non plus par un régime mais par les crétins incultes du Net


        • rogal 14 juin 15:18

           @Bernard Dugué
          « Monsieur Herblay devrait réfléchir à ce qu’il découle de cette destruction du langage... ». ou bien « ...devrait réfléchir à ce qui découle... » ?


        • Jean Pierre 14 juin 21:58

          @Bernard Dugué


          Le vote censitaire correspondait au fait que le vote n’était accordé qu’a partir d’un certain niveau de revenu ou de patrimoine.
          Aujourd’hui les classes populaires (et dans une certaine mesure les jeunes) s’auto-excluent de la vie politique puisque aucune offre politique ne correspond à leurs aspirations, ou parce que celles qui pourraient leur parler sont aussitôt insultées (populisme, démagogie, etc) par l’idéologie dominante propagée par les médias dominants. 
          Que cette exclusion de fait du processus électoral découle d’une loi électorale (comme au 19 ème siècle) ou d’autres causes, plus actuelles et plus subtiles, ne change finalement rien au constat : comme au 19 ème siècle, les classes pauvres ne votent pas. 
          En ce sens le raccourci fait dans l’article est pertinent et ne mérite absolument pas le rapprochement que vous faites avec les procédés de langage utilisés par le nazisme. De plus, le compliment pourrait vous être retourné puisque l’insulte systématique de l’adversaire était également un procédé utilisé par le nazisme.

        • rogal 14 juin 15:20

          Pourquoi analyser le second tour plutôt que le premier ?


          • rogal 14 juin 15:22

            @rogal
            Question oiseuse, il est vrai, puisque l’auteur ne daigne jamais répondre.


          • pipiou 14 juin 15:48

            @rogal

            L’auteur est un abstentionniste du commentaire ; il aime bien s’écouter parler mais pas s’abaisser à répondre aux gueux.

            Tant qu’Agoravox lui déroulera le tapis rouge et sa première page pourquoi se gêner ?


          • jef88 jef88 14 juin 15:40

            UNE IDÉE ? ? ?
            - non imposable = pas de vote possible ...
            - normalement imposable = une voix ...
            - impôt sur la fortune = 2 voix ...
            j’en serais sans voix ! ! ! !


            • JDCONSEIL 14 juin 18:31

              @jef88
              J’y préférerais une méthode de notation des différents candidats sur une échelle de 1 à 10 qui permettrait de donner un avis beaucoup moins binaire et n’utiliserait qu’un seul tour et permettrait autant de candidats que possible. Un genre de vote administré comme les enquêtes de satisfaction.. Vous voyez ? un peu comme ici :http://www.iaat.org/telechargement/guide_methodo/5_7_vote_pondere.pdf !&nbsp ;&nbsp ;&nbsp ;&nbsp ;


            • JDCONSEIL 14 juin 18:23

              Le score de MLP (et non du FN) auprès des ouvriers souligne l’inefficacité et les faiblesses des syndicats recroquevillés sur des valeurs ultra-minoritaires. Il faut que notre république redonne un vrai rôle de relais social à nos syndicats ouvriers. Ce sera le meilleur moyen de luter contre l’extrême droite. Le dialogue sur la réforme du droit du travail sera une bonne occasion de remettre les syndicats dans le jeu.. Utopie quand tu me tient ! 


              • Ruut Ruut 14 juin 19:28

                Indirectement c’est les basses classes qui vont souffrir de la modification du code du travail, les hauts cadres eux ne seront pas impactés.


                • Giordano Bruno 15 juin 20:03

                  Vous écrivez qu’au second tour ce que vous appelez « la France d’en haut » à préféré Macron. Je crois que la plupart d’entre eux s’apercevront, certes un peu tard, qu’ils ne font pas partie de la classe sociale que va favoriser Macron. Par rapport à elle, ils sont malheureusement en bas. Et contrairement à ce que leur fait croire la propagande, leurs intérêts sont plus proches de ceux de l’ouvrier que de ceux du milliardaire.

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